Imprimer

Musée

des arts de la table

chocolatière en argent, Bordeaux, 1695-1697

chocolatière en argent, Bordeaux, 1695-1697

domaine : orfèvrerie

matériaux/technique : argent martelé, fondu, ciselé ; bois tourné

auteur : Cazaret, Jacques. Orfèvre, reçu maître le 17 mars 1695, décédé avant 1752

lieu de fabrication : France, Bordeaux

chronologie : entre juin 1695 et juillet 1697

poinçons : poinçon de jurande (BORD, fleur de lys en tête, lettre T en pointe) ; poinçon de charge (lettre K dans un encadrement baroque) ; poinçon de maître (un dauphin encadré des initiales I C, premier poinçon de l'orfèvre, utilisé entre 1695 et 1717) 

dimensions : Ht 21,7 cm ; Lg 25,3 cm ; poids 722 gr. (sans le manche)

statut : propriété du Conseil départemental de Tarn-et-Garonne

inv. 2017.9.1

crédit photo : J.M. Garric ; musée des Arts de la Table/CD82

 

Il s'agit de la plus ancienne chocolatière connue portant le poinçon d'un orfèvre bordelais et d'une des plus anciennes chocolatières françaises actuellement conservées. On notera que sur ce bel objet dont la forme simple et la surface unie sont typiques de la sobriété de l'orfèvrerie domestique du XVIIe siècle, il n'y a pas de bec verseur, témoignage possible d'une évolution encore en cours de ce genre d'objet. Une influence des chocolatières espagnoles en cuivre, dépourvues de bec, n'est pas à exclure.

La chocolatière spécifique, avec un couvercle percé afin de passer le manche du moussoir, était un objet de grand luxe, rare et relativement peu fabriqué par les orfèvres comme on peut le constater en analysant la répartition par types d'objets des productions régionales. Son  usage étant limité à la seule préparation du chocolat à l'eau, l'achat d'un telle pièce pouvait être considéré comme superflu. les amateurs de café, très nombreux en France, s'équipaient d'une cafetière qui, tout simplement, pouvait être utilisée de temps à autre pour la préparation du chocolat. Il suffisait d'ouvrir le couvercle et de plonger le moussoir dans la boisson. Il est d'ailleurs beaucoup plus commode d'agiter le moussoir ainsi plutôt qu'à travers le trou d'un couvercle de chocolatière car le bâton, en s'agitant en tous sens, heurte sans cesse les bords du trou et déstabilise l'objet.