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Musée

des arts de la table

Pot à sucre sur plateau en opaline

Pot à sucre sur plateau en opaline

P { margin-bottom: 0.21cm; }

Domaine : verrerie, vie domestique

Matériau : verre opaque dit « cristal d'opale » et « opaline »

Provenance : cristallerie de Clichy (?)

Chronologie : 1840-1850

Dimensions : Ht. totale 14,4 cm ; diamètre du plat 19 cm

Statut : propriété du Conseil départemental de Tarn-et-Garonne

inv. 2018.32.5.0

Historique : Acquisition, 201.

Crédit photo : J.M. Garric ; © Musée des arts de la table/CD 82

 

Rare donc cher, symbole de l'exotisme depuis au moins le XVIIe siècle et roi des fruits, l'ananas a longtemps figuré sur les tableaux, les sculptures et dans les arts décoratifs comme attribut d'un Orient plus ou moins indifférencié. Les personnes en capacité de s'offrir des ananas frais ou confits en appréciaient le goût ensoleillé et surtout acide, une passion française depuis le Moyen Âge. Le mélange sucré/acide était un élément majeur d'une culture gustative qui faisait un usage considérable des agrumes, citrons, limons, cédrat, bigarade, orange. Leur jus servait dans certaines sauces et on l'exprimait à table, directement sur les viandes et les poissons. Mais c'est surtout par la confiture avec le sucre, denrée également coûteuse, que l'on traitait les fruits acides tant recherchés. M. de Savignac, notable bordelais, écrivit ainsi dans son journal à la date du 1er août 1717 : « Le frère du sieur Blanchard m’a porté de présent un ananas confit avec des petits limons (…) ».

 

Le cas échéant, pour en diminuer l’acidité afin de les manger crues, on faisait mariner les tranches d'ananas dans du vin ou de l’eau-de-vie, chargés en sucre. Grimod de la Reynière, sous le Premier Empire, précise que ce fruit « ne peut venir ici qu’en serres chaudes et avec des soins multipliés, ce qui fait qu’il est toujours fort cher à Paris. On le mange cru, coupé par rouelles, ou assaisonné avec du sucre en poudre ». Il n'y donc rien de surprenant à rencontrer un pot à sucre en forme d'ananas, même sous le règne de Louis-Philippe et sous le Second Empire. Le fruit et son indispensable adjuvant en poudre ont longtemps conservé la faveur des Français.