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Musée

des arts de la table

Porte-ananas

Porte-ananas

Domaine : verrerie

Matériaux / Technique : cristal teinté (opaline), moulé, doré, cristal taillé, métal

Lieu de fabrication : France

Chronologie : vers 1830

Dimensions : Ht 30,5 cm

Statut: Propriété du Conseil Général de Tarn-et-Garonne

inv. 2012.1.1

Historique : Acquisition, 2012

Crédit photo : © J.M. Garric ; © Musée des arts de la table/CG 82

Souvent confondu de nos jours avec un flambeau, le porte-ananas appartient à la catégorie des objets dont la mode fut passagère. L'ananas était un fruit exotique très cher en Europe depuis le XVIIIe siècle, importé avec difficulté étant donné les conditions de conservation et la durée du transport. On le cultivait sous des serres chauffées, procédé fort coûteux qui ne faisait guère baisser le prix de ce fruit. Il n'est donc pas étonnant de constater l'engouement qu'il déclenchadans les milieux aisés, par sa rareté combinée à sa saveur si particulière. Ce sont surtout les confiseurs qui l'employèrent entre la fin de l'Ancien Régime et les premières décennies du XIXe siècle, afin de parfumer leurs bonbons les plus chers mais qui se vendaient très bien. Tout ce qui est rare est cher, donc recherché, et le parfum d'exotisme dégagé par l'ananas avait la capacité de délier les bourses...

Depuis le début du XVIIIe siècle, l'ananas apparaissait ici et là, en peinture, en sculpture, dans la céramique, l'orfèvrerie, les textiles, afin d'apporter une touche d'exotisme et de "réalisme" aux scènes orientales ou supposées telles. Voir un ananas, en ce temps, c'était être transporté en esprit dans les îles, voire... en Chine. On n'hésitait donc pas à lui faire côtoyer des palmiers et des plantes parfois imaginaires, décor habituel des paysages attribués aux contrées lointaines dont l'Europe, à l'époque, nourrissait ses rêves d'ailleurs fantasmés.

Ciselé dans l'argent ou moulé en faïence fine, l'ananas dominait souvent les centres de table britanniques. Il en allait de même avec ce porte-ananas quelque peu clinquant, fabriqué dans la première moitié du XIXe siècle. Le fruit retait toujours aussi cher, mais il était plus que jamais à la mode. Alors, le temps d'un repas, on le louait chez un marchand de comestibles, on l'exposait sur le porte-ananas, puis on le restituait. Hors de question d'y toucher... Snobisme ? Sans doute. Mais assurément un fait culturel marquant de l'histoire des arts de la table.