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Musée

des arts de la table

Corbeille

Corbeille

Domaine : céramique

Matériaux / Technique : porcelaine moulée, imprimée, peinte et dorée

Lieu de fabrication et de décoration : Paris

Auteur : A. Poulain, 48 rue Caumartin (peintre décorateur)

Chronologie : 1830-1845

Marques / inscriptions : Poulain rue de Caumartin (peint à l'or au revers)

Dimensions : Diam. 34,8 x 24,5 cm, Ht. 14,3 cm

Statut: Propriété du Conseil Départemental de Tarn-et-Garonne

inv. 2016.17.3.7

Historique : Acquisition, 2016

Crédit photo : © J.M. Garric ; © Musée des arts de la table/CG 82

 

 

Cette corbeille ovale, avec deux corbeilles rondes, deux compotiers carrés, deux compotiers sur pied et deux sucriers de table, provient d'un important service de dessert, complément d'un service de table décoré de façon identique et dont le musée à pu acquérir les pièces épargnées par un long usage : la soupière sur son plat de présentation, un pot à sucre (?), un saleron et un coquetier. Assez caractéristique de la production parisienne durant la Monarchie de Juillet, cet ensemble est fabriqué dans une porcelaine épaisse et lourde, qui n'est pas exempte de menus défauts. Les fabriques vendaient leurs blancs de toutes qualités, et même les plus riches clients n'hésitaient pas à s'équiper de pièces de second choix, timbrées de leurs armoiries, pour la vaisselle du quotidien. La composition du service, classique, répond aux nécessités sociales de mise en valeur de la table, d'abondance des mets servis au dessert et à la mode du service à la russe (décor de table constitué par les éléments non périssables du dessert, en place dès le début du repas), tout en demeurant dans le bon goût préconisé à l'époque : prédominance du blanc, filets dorés, décor peint relativement discret.


Le décor a été confié à l'un des « peintres en chambre » qui exerçaient à Paris, souvent des femmes. A.Poulain, rue Caumartin, a réalisé sur les pièces des guirlandes de fleurs éblouissantes de qualité, qui n'ont rien à envier à la production contemporaine de Sèvres. Chaque pièce porte les armoiries des propriétaires.

 

Il s'agit d'une commande vraisemblable de Mélanie de Pérignon (1788-1858), fille du maréchal de Pérignon, et de son époux Mathieu de Carayon-Latour (1770-1847). Ce dernier, qui avait servi sous les ordres du maréchal, fut anobli et fait baron par Louis XVIII en 1819. Il s'est alors doté d'armoiries formées en reprenant celles des Pérignon (d'azur à un bélier passant d'argent, accorné d'or, la tête sommée d'une croix patriarcale du même) mais en retournant le bélier vers la dextre, et leur devise (fayre pla layssa dire). Il y a ajouté en franc-quartier une tour (pour Carayon-Latour).


Le service provient sans doute de la résidence bordelaise du couple, car les documents qui relatent la construction et l'ameublement du château que Mélanie, devenue veuve en 1847, fit construire en Tarn-et-Garonne entre 1852 et 1853, ne le mentionnent pas. Au contraire, on y remarque, comme cela se faisait beaucoup pour les demeures de campagne, que la table était dressée avec un service en faïence fine, en l'occurrence commandé chez Johnston & Vieillard, à Bordeaux. Le service de porcelaine est passé à la fille des commanditaires, Marie Charlotte Mélanie de Carayon-Latour (1816-1884), épouse d'Octave du Val de Curzay (1810-1856), et à leur descendance.