Imprimer

Musée

des arts de la table

Buffet de présentation

Buffet de présentation

Matériaux / Technique : ormeau patiné, acier forgé

Provenance : département du Gers

Chronologie : vers 1715-1730

Hauteur : 2,80 m

Statut : Propriété du Conseil départemental de Tarn-et-Garonne

Inv. 2016.38.1

Historique : provient d'une abbaye du Gers (sans doute après la Révolution), transféré dans un château voisin, marché de l'art, acquisition 2016.

Crédit photo : J.M. Garric , Musée des Arts de la Table

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le rang social et le niveau de vie des classes supérieures s'exprimait au travers de nombreux marqueurs : le vêtement, la parure, l'alimentation, l'habitat mais aussi le mobilier. Dans les salles à manger, qui se multiplièrent au XVIIIe, l'usage s'est établi, sur la base d'une vieille tradition médiévale réservée aux princes, de placer des buffets de présentation, plus ou moins hauts, larges et décorés. On y rangeait la vaisselle de manière à l'exposer : plats dressés et appuyés contre le fond, soupières au centre, piles d'assiettes, verseuses et flambeaux sur les côtés. Les objets utilisés au quotidien étaient placés à portée de main, les étagères supérieures recevant les objets précieux d'usage rare ou de pur apparat (services en porcelaine de Chine). La partie basse recevait des denrées alimentaires, sucre, huile, épices, pain, fromage, boissons, mais aussi les restes destinés à être consommés au repas suivant.

Les buffets ont toujours eu une double fonction, utilitaire et ostentatoire. Ils sont le produit de l'évolution du "cabinet", meuble de luxe abondamment sculpté, peint et doré, apparu au XVIe siècle et dans lequel on enfemait les papiers importants, les sacs d'argent, l'ofèvrerie et les bijoux. Peu à peu, au XVIIIe siècle, le buffet, dans des versions simplifiées, remplaça le coffre tradtionnel jusque dans les campagnes. Chez les plus riches, il pouvait être intégré aux murs ou aux boiseries. Cet exemple, ouvrage d'un menuisier et d'un serrurier provinciaux de Gascogne, est en ormeau. La ferronnerie confirme la datation au début du XVIIIe siècle. Une fois patiné, l'ormeau, bois très dur et très résistant à l'humidité, prend une teinte brun rougêatre foncée qui cherche à imiter, sans les égaler, les modèles très raffinés de buffets d'apparat en acajou dont Bordeaux s'était fait une spécialité.